EPI obligatoires sur les chantiers suisses : le guide complet SUVA
Quels équipements de protection individuelle sont exigés en Suisse ? Qui paie ? Quelles normes respecter ? Ce guide couvre toutes les obligations légales et vous aide à équiper votre équipe correctement.
Cadre légal en Suisse
En Suisse, la protection des travailleurs est encadrée par plusieurs textes fondamentaux. L'obligation de fournir des EPI ne relève pas du bon vouloir de l'employeur — c'est une exigence légale stricte, contrôlée par la SUVA.
Le principe est clair : on élimine d'abord le danger à la source (substitution, protection collective), puis on recourt aux EPI en dernier ressort. Mais sur un chantier, les EPI restent indispensables dans la grande majorité des situations.
Les 7 familles d'EPI
La SUVA organise les EPI en grandes familles, de la tête aux pieds. Chaque famille répond à des normes européennes harmonisées (EN) adoptées par la Suisse.
Le casque de protection (EN 397) est obligatoire sur la majorité des chantiers de construction en Suisse. Il protège contre les chutes d'objets et les chocs. Pour les travaux en hauteur avec encordement, un casque avec jugulaire (EN 12492) est exigé. Sur les sites sans obligation de port du casque, les casquettes anti-heurt sont recommandées pour le personnel de maintenance.
Les lésions oculaires sont parmi les accidents les plus fréquents en industrie et sur les chantiers. La SUVA insiste : les lunettes correctrices ne sont pas des lunettes de protection. Pour les travaux de plus de 2 heures/jour nécessitant une protection, des lunettes de protection avec correction optique sont indispensables. Pour les travaux au-dessus de la tête ou avec des fluides dangereux, seules les lunettes fermées offrent une sécurité suffisante.
Les lésions auditives constituent la majeure partie des maladies professionnelles reconnues en Suisse. La protection est obligatoire dès 85 dB(A) d'exposition sur 8 heures. Les protections doivent réduire le bruit à un niveau acceptable tout en permettant de communiquer et de percevoir les signaux d'alerte. Le choix entre bouchons et casques dépend du niveau sonore et de la durée d'exposition.
Poussières fines, gaz nocifs, vapeurs, fibres d'amiante, microbes — les voies respiratoires sont exposées à de nombreux risques invisibles. Les masques respiratoires sont classés en catégorie III (risque mortel), ce qui impose un examen de type par un organisme agréé. La SUVA rappelle qu'une personne souffrant de troubles cardiaques ou pulmonaires peut être inapte à porter certains masques respiratoires.
Les mains sont la partie du corps la plus exposée aux blessures au travail. Les gants sont classés selon le risque : EN 388 (mécanique — coupure, abrasion, perforation), EN 374 (chimique et micro-organismes), EN 407 (chaleur et feu). Le choix du bon gant dépend de l'analyse des risques spécifiques au poste de travail.
Les chaussures de sécurité protègent contre les chutes d'objets (embout 200 J), les perforations, les décharges électriques et les glissades. La SUVA recommande au minimum des S3 sur les chantiers de construction. Le choix de la classe dépend de l'environnement de travail — sec, humide ou extérieur.
👉 Lire notre guide complet des classes S1 à S7
Les EPI antichute ne peuvent être utilisés que si aucune protection collective (garde-corps, filets, échafaudages) n'est techniquement possible. Ils sont classés en catégorie III (danger mortel). Leur utilisation exige une formation spécifique, et ils doivent être contrôlés avant chaque intervention et entretenus au moins une fois par an. Le sauvetage sur place doit être possible en 20 minutes maximum pour éviter le syndrome du harnais.
Obligations employeur et travailleur
La loi suisse est claire sur la répartition des responsabilités. Les deux parties ont des obligations légales.
- Fournir gratuitement tous les EPI nécessaires
- Analyser les risques par poste de travail
- Former le personnel à l'utilisation correcte
- Veiller au port systématique des EPI
- Entretenir et remplacer les EPI défectueux
- Apposer les panneaux d'obligation (pictogrammes bleus)
- Consulter les travailleurs dans le choix des EPI
- Porter les EPI mis à disposition
- Ne pas altérer l'efficacité des EPI
- Signaler tout défaut ou usure
- Suivre les formations dispensées
- Utiliser les EPI conformément aux instructions
- Respecter les zones à port obligatoire
Les 3 catégories de risque des EPI
Le règlement européen (UE) 2016/425, transposé en Suisse via l'OEPI, classe les EPI en trois catégories selon le niveau de danger.
Checklist EPI par secteur
Bien acheter ses EPI : les conseils SUVA
La SUVA recommande une démarche structurée avant tout achat d'EPI :
1. Analyser les postes de travail — identifiez les dangers spécifiques à chaque poste avant de choisir les EPI. Votre fournisseur pourra mieux vous conseiller.
2. Consulter les travailleurs — impliquez-les dans le choix. Un EPI non porté parce qu'il gêne est inutile. Laissez-les tester plusieurs modèles.
3. Vérifier la conformité — exigez la déclaration de conformité UE et le marquage CE. Les EPI de catégories II et III doivent avoir été soumis à un examen de type par un organisme agréé.
4. Adapter à la personne — tenez compte de la morphologie, des troubles de santé éventuels (vue, respiration), et des préférences de taille et couleur.
5. Combiner si nécessaire — un casque doit pouvoir se porter avec des lunettes, une protection auditive et un masque respiratoire simultanément. Vérifiez la compatibilité.
Questions fréquentes
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